Dans la province du Haut-Katanga, la zone de santé de Kisanga fait face depuis quelques mois à une recrudescence des cas de choléra. À ce jour, 666 patients ont été identifiés suscitant une inquiétude tant auprès des autorités sanitaires que des habitants.
En effet, c’est depuis 2024 que cette épidémie de choléra sévit dans ladite zone de santé. Contacté par l’equipe du Projet DOPERAUS, le Dr Basile NGOY, Médecin chef de zone de Kisanga a fait les points sur la situation,
« depuis la S1 jusqu’à ce jour, nous n’avons pas arreté de recevoir des cas. L’année dernière, on avait connu l’épidémie au premier trimestre.Il y avait eu une accalmie et au quatrième trimestre, l’épidémie avait ressurgi. C’est cette épidémie qui a continué jusqu’à ce jour en 2025.Depuis la s1jusqu’à cette semaine, la dix-septième en cours, nous sommes déjà à 666 cas. Nous avons connu un pic à la semaine 13 où la zone de Santé avait enregistré 103 cas. Et puis à partir de la S14, nous étions à 90 cas.
S15, 57 cas. S16, qui est la semaine dernière, nous avions enregistré 66 cas. Cette semaine en cours, il y a déjà quelques cas qui sont enregistrés.
Il y a lieu de penser que d’ici la fin de la semaine, il y aura encore beaucoup de cas ».
En outre, le Dr Basile a mis l’accent sur la répartition de différents foyers, « c’est une zone de santé qui compte 26 aires de santé parmi lesquelles, 18 sont affectées par le choléra. C’est au-delà même de la moitié.
Et il y a une aire de santé qui est en tête, et pourvoyeuse de beaucoup de cas, c’est l’aire de santé que nous appelons Djamayetu. À ce stade, c’est Djamayetu qui pourvoit beaucoup de cas suivie de Mutoalé et les autres », a-t-il fait savoir.
Quant à la question sur les causes de résurgence du choléra dans son secteur d’activité, le Médecin Chef de la zone de santé de Kisanga a tenu à clarifier un certain nombre de choses. « D’abord, avant de vous donner les causes de cette résurgence, nous voulons juste vous signifier que pour les cas que nous avons enregistrés, les sexes masculins prédominants, c’est presque la moitié, c’est presque égal entre sexes féminins et masculins, avec une légère prédominance des hommes. Et ce sont les enfants de 0 à 19 ans qui sont le plus touchés notamment les élèves.
Pour ce qui est des facteurs favorisants, vous allez comprendre que nous avons un problème d’accessibilité à l’eau potable. Une faible proportion de la population est couverte de l’eau potable.
Et nous avons aussi un problème des latrines hygiéniques. Une faible proportion de la population a accès aux latrines hygiéniques. À cela s’ajoute le problème de salubrité accentué par des pluies et le manque de canalisation quand il y a débordement des eaux de pluie.
Alors que les fosses séptiques sont emballées, les puits de fortune où la communauté s’approvisionne sont envahis par toute cette insalubrité. Comprenez que nous sommes dans un contexte de promiscuité, d’insalubrité et de non-observance des mesures d’hygiène ».
Dr Basile NGOY évoque un problème de la croyance. « Certains malades arrivent au Centre de Traitement de Choléra tout en étant dans un tableau de déshydratation très sévère, après investigations, on s’est rendu compte que des fois, les malades se rendent d’abord au niveau des églises prétextant des maladies mystérieuses ».
Pour ce qui est des mesures de prévention et des actions de prise en charge, il faut noter qu’elles sont effectives. Par rapport à la prévention, il y a eu des actions de sensibilisation de la communauté, des actions de désinfection des ménages touchés et les ménages voisins.
Il y a eu également une mise en place dans la communauté des sites d’écloration, au point de puisage d’eau dans les différentes aires de santé notamment celles touchées.
Malgré l’appui de « Médecins Sans Frontières », Dr Basile NGOY a martelé sur certaines necessités.
« À partir du mois de mars, avec l’appui de MSF, nous avons mis en place quelques points de réhydratation orale dans quelques aires de santé. Et à partir du 15 mars, après la construction du CTC qui a ouvert ses portes, nous avons pu accueillir le premier malade. Du 15 mars à ce jour, notre CTC a déjà accueilli 439 malades, qui continuent à être pris en charge mais les moyens de transport pour se déplacer, ou soit besoin de carburant et autres ustensiles telles que les mégaphones sont des besoins énormes auxquels, nous faisons face ».
Par ailleurs, il a demandé à la population de se présenter au centre le plus proche au moindre signe de diarrhée- vomissements pour une prise en charge appropriée parce que la diarrhée et les vomissement conduisent à la déshydratation et cette dernière conduit au décès.
« Nos structures sont déjà instruites et la prise en charge est gratuite. Le danger est permanent et la prise en charge précoce est gage de guérison certaine. Le respect des mesures préconisées par les services de santé doit être scrupuleusement observé afin de pouvoir rompre très rapidement la chaîne de transmission », a-t-il conclu.
CM