Après l’étape fructueuse de Lubumbashi, le projet DOPERAUS a posé ses valises à Mbuji-Mayi pour la poursuite de ses ateliers marathons. L’Institut National de Recherche Biomédicale (INRB) a mobilisé les experts du Kasaï-Oriental sur l’Opérationnalisation de l’approche « Une Santé » du 09 au 11 avril 2026. Entre diagnostic stratégique et innovation numérique, cette session s’est assignée pour but, de briser les silos sectoriels afin de bâtir un front commun face aux menaces sanitaires émergentes.
L’équipe de l’INRB, sous la supervision du Professeur Justin Masumu, a déployé la deuxième étape de sa mission au Kasaï-Oriental. Ce déploiement s’est inscrit dans le cadre du projet DOPERAUS (financé par le CRDI/Canada), visant à rendre opérationnelles les plateformes « Une Santé » en RDC et en Guinée.
L’atelier a démarré avec l’intervention de M. Prince Esakombe Otshudi, représentant de la coordinatrice de la Commission de Coordination « Une Santé ». Membre du groupe thématique Communication sur les Risques et Engagement Communautaire (CREC). Prenant parole devant différents participants, il a tenu à apporter plus d’éclaircissements sur les enjeux de la formation.
Pour Prince Esakombe Otshudi, représentant de la Commission de Coordination « Une Santé » (CCUS), l’efficacité repose sur la fin du travail en vase clos. « Deux valent mieux qu’un », a-t-il rappelé, exhortant les secteurs de la santé humaine, animale, végétale et environnementale à partager leurs responsabilités et leurs données.
Les participants ont planché sur la cartographie des risques et l’interconnexion entre les secteurs, analysant précisément comment une pathologie circule entre l’animal, l’homme et son environnement.
La formation a intégré l’évaluation à mi-parcours des activités du projet DOPERAUS (Décentraliser et rendre opérationnelles les plateformes « Une Santé » en Guinée et en République Démocratique du Congo) dans la province du Kasaï-Oriental.
Les participants ont suivi, préalablement, un exposé sur le projet DOPERAUS. Ils ont ainsi été conviés à travailler ensemble pour venir à bout des maladies émergentes et réémergentes dans la province. Dans cette optique, il est impérieux que l’environnement de travail soit favorable, que les responsabilités soient partagées et que la planification des actions soit conjointe pour plus d’efficacité. «D’autant plus que deux valent mieux qu’un», a fait savoir Prince Esakombe Otshudi.
En outre, les formateurs ont fait comprendre aux participants qu’ils doivent avoir des objectifs communs pour pouvoir regarder dans la même direction, a martelé Prince Esakombe Otshudi.
L’occasion a été accordée à chaque acteur intervenant dans les quatre secteurs ciblés par l’approche « One Health » (santé humaine, santé animale, plantes et environnement) de s’interroger sur la manière dont son secteur gère ces maladies.
L’accent a été mis de manière particulière sur la cartographie des risques de chaque secteur, l’interconnexion entre ces secteurs, et sur le processus de contamination de la pathologie entre les vecteurs, l’animal et l’homme, en passant par l’environnement.
Un exercice pratique a permis à chaque participant d’identifier le problème prioritaire dans chaque secteur en termes de pathologies courantes. Aussi d’assurer le contrôle des maladies émergentes et réémergentes face à l’interface homme-animal-plante-environnement. Enfin, cet exercice visait à analyser l’évolution de chacune des maladies courantes dans chaque secteur.
De son côté, Daniel Kabambi, Chef de bureau à la coordination provinciale de l’Environnement, a salué cette synergie. «Grâce à cette formation, les différents secteurs impliqués sont appelés à jouer pleinement leur rôle pour réduire les risques et les contaminations», a-t-il indiqué. Selon lui, une meilleure gestion de l’assainissement permettrait de terrasser des maladies telles que le choléra ou la typhoïde. Toutefois, il a profité de l’occasion pour plaider en faveur des brigades d’assainissement : « Il faut des ressources pour ces agents exposés qui collectent et trient nos déchets ; ils doivent bénéficier de primes de risques », a-t-il martelé.
L’autre pilier de ce marathon est celui technologique. Sous la houlette de l’ingénieur Grâce Wanet (Data Manager), les acteurs de terrain ont été formés à la collecte numérique via l’application Epicollect5. Ce virage numérique garantit une remontée d’informations plus rapide, fiable et coordonnée entre les différents secteurs, essentielle pour une réponse rapide en cas d’épidémie.
Ceci est sans aucun doute, un engagement pour la pérennité. Facilitée par l’ingénieur Marlène Metena, cette session de formation et d’évaluation à mi-parcours a marquée une avancée décisive pour le Kasaï-Oriental. En unissant les forces et en modernisant les outils de surveillance, le projet DOPERAUS a dotée la province d’un bouclier sanitaire durable contre les futures crises de santé publique.
À travers des sessions théoriques, pratiques et des travaux de validation des outils d’enquête, les participants ont pu harmoniser les questionnaires, renforcer la coordination entre les différents secteurs (santé humaine, animale et environnementale) et mettre en place un dispositif opérationnel efficace pour la collecte conjointe des données et des échantillons.
Réalisées grâce à l’appui financier du CRDI/Canada, ces activités sont supervisées par le Professeur congolais justin Masumu, Coordonnateur-Pays de Doperaus.
CM